Les ministres de la Défense de l’UE font le point sur les missions militaires à Deauville (Le Point)
mercredi 1er octobre 2008
Alors que les ministres de la Défense de l’UE sont réunis pour une rencontre "informelle" à Deauville jusqu’à jeudi, le Français Hervé Morin a confirmé que l’Union européenne envisage un retrait de sa force militaire présente en Bosnie, dans le cadre de l’opération Althea. Morin a précisé que la mission d’évaluation confiée au général John Mc Coll, commandant en chef adjoint des forces de l’Otan et chef de l’opération Althea, avait permis d’identifier plusieurs options, dont le maintien en l’état de cette opération, le retrait progressif avec transfert de certaines missions vers des structures civiles ou le retrait pur et simple. Selon Hervé Morin, qui a tenu une brève conférence de presse en compagnie de Javier Solana, haut représentant européen pour la politique étrangère et la sécurité commune, "un ou deux pays veulent le maintien en l’état, mais nous allons vers la fin de la mission Althea". Lancée en 2004 pour relever les troupes de l’Otan présentes en Bosnie-Herzégovine, cette opération compte aujourd’hui 2.500 soldats. Une décision définitive devrait être prise le 10 novembre, lors d’un sommet des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, à Bruxelles.
Autre opération appelée à connaître des évolutions : Eufor/Tchad, comptant actuellement 3.700 soldats. Les ministres européens sont tous d’accord pour que celle-ci prenne fin en mars 2009, et qu’elle soit remplacée par une opération de l’Onu. Le ministre français s’est étonné à ce propos que l’Onu prévoie le double d’effectifs par rapport à la mission actuelle... Préalable à chaque nouvelle opération, une "conférence de génération de forces" sera prochainement convoquée par l’Onu, à laquelle devraient répondre plusieurs des pays européens déjà présents sur place.
Des troupes en Somalie ?
La situation est un peu moins simple pour ce qui concerne la mise en place éventuelle d’une force de protection de la navigation au large de la Somalie. Première difficulté : la coordination de cette force avec celles - pléthoriques et généralement impuissantes à prévenir la piraterie - déjà présentes dans la zone. Dont la TF 150, participant à l’opération Enduring Freedom en océan Indien, et les autres flottes de divers pays de l’Alliance. Plusieurs pays sont disposés à participer à cette mission, dont la France, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Lituanie, la Belgique et la Suède. La Grande-Bretagne refuse pour l’instant, arguant que cette mission ne doit pas entrer dans le cadre de la PESC (politique étrangère et de sécurité commune). Seuls les mauvais esprits y verraient une relation de cause à effet : Hervé Morin a confié qu’il avait proposé que le quartier général de cette opération soit attribué à la Grande-Bretagne...
Par ailleurs, plusieurs pays se sont mis d’accord pour financer un fond de rénovation des nombreux hélicoptères d’origine russe présents dans les armées d’Europe de l’Est, mais souvent dans un état lamentable. Cette initiative permettrait de combler relativement rapidement la pénurie criante d’hélicoptères dans les forces européennes. La France est d’accord pour mettre 8 millions d’euros au pot, autant que la Grande-Bretagne. La Finlande et le Luxembourg participeront à ce programme qui sera conduit par l’ Agence européenne de défense .
La France a fixé la politique européenne de défense comme l’un des principaux objectifs de sa présidence .
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