World Somali Congress

Le système éducatif somalien très affecté par l’absence de gouvernement central (APA)

lundi 25 août 2008

APA-Mogadiscio (Somalie) La Somalie, en guerre depuis près de deux décennies suite au renversement de l’ancien dictateur Siad Barre, paie un lourd tribut à l’absence d’un véritable gouvernement central, ce qui a conduit à l’effondrement du système des services de base à la population, y compris l’éducation.

Ainsi, la plupart des établissements scolaires à Mogadiscio, la capitale, ont été pris en charge par des actionnaires privés (dignitaires et hommes d’affaires) dont l’objectif a surtout été de maintenir le rôle important que jouent les établissements d’enseignement dans la société.

« Lorsque nous avons vu l’importance que l’éducation représente pour les jeunes, nous avons décidé de faire tout notre possible pour maintenir nos établissements scolaires dans la capitale », a déclaré à APA Mohiddin Ishaq Sherif, directeur de l’école primaire et secondaire Al-Ridwan, situé dans le sud de Mogadiscio

La plupart des établissements scolaires de Mogadiscio perçoivent des frais de scolarité, mais ils se distinguent par la qualité de leurs services.

« Nous appliquons des frais aux élèves, parce que sans financement, nous ne pouvons rien accomplir et nous sommes différents des autres établissements en raison de la qualité de l’éducation que nous proposons », a affirmé M. Sherif.

Le directeur d’école rappelle qu’avant la guerre, l’établissement comptait plus de 1300 élèves, garçons et filles confondus, du CI à la terminale, mais aujourd’hui, ce nombre est réduit à moins de la moitié.

Cependant, plusieurs élèves ont une autre idée de la poursuite de leurs études. Certains pensent pouvoir poursuivre leurs études en dépit du conflit actuel, d’autres estiment plus opportun de les suspendre jusqu’au retour de la paix.

« Je vais poursuivre mes études jusqu’à ce que j’obtienne le bac quelle que soit la situation », confie Hawa Abdullahi Ma’ani, une élève de 20 ans.

« Je ne peux contribuer à sauver mon pays que si je suis éduquée et l’éducation m’aidera à reconstruire notre maison », a-t-elle ajouté.

« Il n’y a pas l’ombre d’un doute que je vais arrêter mes études si la situation actuelle perdure », a déclaré, quant à lui, Adam Abdulle, un élève du secondaire à Mogadishu.

Aseir Mohammed Ali, le directeur de l’école primaire et secondaire Al-Anwar, une des rares établissements encore fonctionnels à Mogadiscio, a déclaré que son institution fera tout son possible pour continuer à éduquer les jeunes du pays.

« Nous poursuivrons nos efforts de fournir une éducation à la jeunesse somalienne dans la capitale », a assuré M. Ali.

La Somalie souffre de l’absence d’une administration centrale effective depuis 1991, date à laquelle l’ancien dictateur Siad Barre a été renversé par des seigneurs de guerre dans un conflit clanique ayant provoqué l’effondrement de la quasi totalité des institutions publiques, y compris le système éducatif.

YHH/DAJ/pos/APA 25-08-2008


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