World Somali Congress

Le carcan colonial et le manque de vision et de leadership des politiciens de la place.

mardi 5 août 2008

Par Abdillahi Ojor

Juin 2008

Problématique :

La république de Djibouti est un bon exemple de la pluralité identitaire, de l’illustration la plus saisissante d’un clash entre une inspiration nationale et tribale. L’incapacité de vivre pleinement l’un ou l’autre est flagrante d’un coté l’état affiche une constitution digne d’une grande nation calquée des démocraties libérales et de l’autre il crée des frustrations en distribuant des postes administratifs et politiques sous les couleurs tribales. Le citoyen garde sa référence tribale à tout moment comme une pièce d’identité de première importance allant jusqu’à réclamer son du en tant que membre de telle tribu. Cet état de fait est mis en place par l’administration coloniale qui trouva son compte et légua l’héritage aux politiciens de la place après une indépendance de façade. Une crise identitaire permanent qui débouche tantôt à des chasses aux sorcières tantôt à des guerres civiles illustre l’impasse dans laquelle se trouve cette petite république. Où est le nœud du problème et quel avenir ?

Introduction :

La petite république de Djibouti qui porte le nom de sa capitale est entrée dans l’époque moderne avec l’installation des Français juste après l’ouverture du canal de Suez en 1867. Un point de ravitaillement pour ses bateaux dans l’un de carrefour le plus achalandé du monde. Les ethnies semi-nomades viennent s’installer en ville après des accords avec chacune d’elle emportant dans leur bagage leur identité. Pour maintenir leur présence et la dépendance de cette zone, la France, puissance coloniale, a mis en place des mesures politiques, sociales et économiques. Comme Jean-Loup Amselle a mis en évidence dans son ouvrage au cœur de l’ethnie, la politique coloniale réussit à transvaser des catégories sociales de reconnaissance en des forces concurrentes organisées sous forme de pyramide dont le sommet du pouvoir lui appartient.

La population locale contrainte dans un rôle de seconde classe peine à relever les défis que présentent cette nouvelle donne tant les moyens à leurs dispositions sont faibles et les structures contraignantes sont puissantes et omniprésentes. Les forces sectaires ont fait le jeu du colonialisme au détriment d’un véritable travail à la base avec tous les forces et les groupes et en favorisant une identité d’appartenance marquée par la distinction plutôt qu’une identité par référence exclusive comme René Gallissot a pointé du doigt dans un article sur l’identité. La crise identitaire est le terreau de tous les problèmes de cette république qui se refuse à aller de l’avant. Nous allons, dans un premier temps mettre en lumière comment la présence coloniale a été un facteur générateur de crises identitaires, et dans le deuxième temps nous allons montrer la difficulté de parler de développement sans la résolution de ce problème.


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